Comment faire en sorte qu’une démarche RSE ne reste pas uniquement portée par quelques experts, mais soit comprise et appropriée par les collaborateurs ? La question est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de transformer concrètement les pratiques d’une organisation.
Pour confronter cette question à la réalité du terrain, nous avons échangé avec Hortense Blazsin, Responsable Culture Climat & Environnement chez Arkema. Elle revient sur les défis rencontrés pour réduire les impacts climat et environnement, le rôle de l’intelligence collective, les freins au changement et les leviers utilisés pour mobiliser les collaborateurs.
Son retour d’expérience met notamment en évidence deux dimensions complémentaires : la transformation technique et la transformation humaine. Chez Arkema, cette mobilisation s’illustre notamment à travers le déploiement de la Fresque du Climat, qui a réuni environ 3 000 participants et 130 animateurs.
L’experte interrogée : Hortense Blazsin, Responsable Culture Climat & Environnement chez Arkema
Dans cette interview, Hortense Blazsin partage son expérience autour de la mobilisation des collaborateurs dans les démarches de réduction des impacts climat et environnement.
Démarche RSE : pourquoi la transformation est-elle autant humaine que technique ?
Le principal défi réside dans la nécessité d’adopter des approches considérablement différentes de celles employées traditionnellement par les entreprises. Cela implique une prise de conscience et une acceptation de cette réalité, une évaluation des impacts actuels sur l’environnement et le climat. Tout ceci pour pouvoir ensuite identifier les actions correctives nécessaires. C’est pour cela que l’engagement des collaborateurs est un facteur clé de succès : ils doivent comprendre le pourquoi de ces changements, prendre conscience de leur importance et s’engager pleinement dans cette transition.
Dans la mise en place d’une démarche comme celle-là, il y a 2 dimensions distinctes :
- une dimension technique
- une dimension humaine : en mobilisant l’intelligence collective, il est possible de découvrir des solutions et des approches différentes qui n’auraient pas été envisagées au départ.
En fin de compte, la technologie suivra le mouvement. Mais sans l’adhésion des individus, les progrès seront limités.
🧠 Ce que l’on retient : Le retour d’expérience d’Hortense Blazsin met en évidence un point clé : la réduction des impacts environnementaux ne repose pas uniquement sur des réponses techniques. La compréhension des changements, leur acceptation et la capacité des collaborateurs à contribuer font également partie de l’équation.
C’est à ce niveau que l’intelligence collective peut jouer un rôle : faire émerger des solutions issues des réalités et des connaissances du terrain.
Pourquoi les collaborateurs sont-ils essentiels à une démarche RSE ?
Pourquoi s’en priver ? Face à la complexité et à l’ampleur du problème, il serait contre-intuitif de ne pas tirer parti de l’intelligence collective et de la motivation présentes à tous les niveaux de l’organisation, en commençant par le terrain.
Ils détiennent une connaissance approfondie de ce qui peut être amélioré et sont les mieux placés pour identifier les points de friction. Leur implication est donc cruciale pour relever les défis de manière efficace.
D’autant que la plupart se sentent vraiment concernés par ces sujets, ce sont donc eux le nerf de la guerre. Progressivement, les autres collaborateurs constateront les évolutions en cours, suscitant leur intérêt et souhaiteront alors se joindre au mouvement, créant ainsi un effet « boule de neige ».
🧠 L’enseignement terrain : Impliquer les collaborateurs ne répond donc pas uniquement à un objectif d’adhésion. Leur connaissance des métiers et des points de friction peut aussi permettre d’identifier des pistes d’amélioration qui ne seraient pas nécessairement visibles depuis les fonctions centrales.
Engager les collaborateurs : commencer par écouter les freins et leurs craintes
Il est crucial de prêter une oreille attentive aux collaborateurs, cela semble être une démarche essentielle. Cela implique d’écouter les raisons éventuelles qui les poussent à ne pas suivre une certaine direction, en comprenant leurs freins et leurs craintes. Il est tout aussi important d’être réceptif à leurs aspirations et à leurs idées constructives. Ensuite, il s’agit de proposer et de co-construire un avenir plus attrayant, capable de les motiver à progresser.
On ne peut pas espérer atteindre un nouveau rivage sans accepter de perdre de vue celui que l’on quitte derrière soi
Bien que cela puisse être effrayant, il est impératif de faire face à cette réalité. Dans ce contexte, la clé réside dans l’écoute des individus, en les équipant et en leur fournissant les ressources nécessaires telles que des outils, des formations, etc., afin qu’ils puissent traverser cette période de manière optimale. L’objectif est de susciter en eux le désir d’explorer ce nouveau rivage, où l’attrait pour le changement surpassera la peur qui l’accompagne.
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Un facteur clé selon Hortense Blazsin : le soutien du top management.
« Le soutien du top management à la démarche est indispensable. »
🧠 À retenir : L’adhésion ne se décrète pas. Le retour d’expérience partagé ici invite d’abord à comprendre ce qui peut freiner les collaborateurs : leurs craintes, leurs interrogations ou les raisons pour lesquelles ils ne souhaitent pas suivre immédiatement la direction proposée. L’écoute doit ensuite s’accompagner de moyens concrets : outils, formations et ressources.
En quoi une démarche environnementale peut-elle devenir un projet collectif ?
Il s’agit d’un projet commun : Comment pouvons-nous, ensemble, améliorer notre conduite envers nous-mêmes et envers nos parties prenantes ? Cette perspective est très motivante.
Étant donné que la réalisation de ces objectifs dépend de l’effort collectif, cela entraîne également l’adoption de méthodes de travail plus épanouissantes pour l’ensemble des parties concernées.
La quête de sens autour de la RSE est-elle vraiment générationnelle ?
Sans doute que les nouvelles générations expriment plus aujourd’hui leur quête de sens. Cependant, il apparaît que ce n’est pas une question de génération.
Un exemple concret est la mise en place de la Fresque du Climat chez Arkema, suscitant diverses réactions au sein de différentes générations. Il est évident que certaines générations sont effectivement en quête de sens, et il est peut-être plus acceptable de l’exprimer ouvertement aujourd’hui par rapport à il y a quelques années.
Ainsi, cette aspiration à trouver du sens répond non seulement aux préoccupations des jeunes générations mais aussi à celles qui n’avaient peut-être jamais réussi à l’exprimer auparavant.
👀 Le regard d’Hortense : Son expérience invite à ne pas réduire la quête de sens aux jeunes générations. Si certaines l’expriment peut-être davantage aujourd’hui, les réactions observées lors du déploiement de la Fresque du Climat chez Arkema montrent que ces préoccupations peuvent traverser les générations.
Quel rôle joue la communication dans l’engagement RSE des collaborateurs ?
D’après l’expérience partagée par Hortense Blazsin, la communication remplit notamment trois fonctions :
Donner de la compréhension :
Cela se manifeste également dans la nécessité de garantir une compréhension claire des enjeux, prévenant ainsi les risques de greenwashing.
Valoriser les contributions :
Cela permet aux collaborateurs d’être fiers de leur entreprise, renforçant ainsi leur attachement à celle-ci. Les collaborateurs ont le sentiment de contribuer de manière significative et d’être valorisés pour leurs actions. En montrant que de telles initiatives sont appréciées, cela suscite l’envie d’y participer.
Créer de l’alignement :
Dans les grandes organisations, la collaboration entre des personnes de divers services et métiers est fréquente, et il est crucial que tous soient alignés sur les objectifs communs pour assurer la progression des initiatives. Ainsi, il est nécessaire de s’assurer que les collaborateurs comprennent pleinement la raison d’aller dans cette direction, comment s’y prendre et l’importance de cet engagement pour faciliter le progrès. Sans cette compréhension, la mise en œuvre devient plus complexe.
Comment Arkema mesure-t-il l’engagement des collaborateurs autour de la RSE ?
| Ce qui est observé chez Arkema | Indicateur mentionné |
|---|---|
| Compréhension | Compréhension de la politique RSE |
| Appropriation | Compréhension des valeurs |
| Engagement | Engagement envers l’entreprise |
| Participation | Nombre de participants aux formations et ateliers |
| Sensibilisation climat | Participation à la Fresque du Climat |
Retour d’expérience Arkema : 3000 collaborateurs mobilisés autour de la Fresque du Climat
Chez Arkema, la Fresque du Climat constitue un exemple concret de mobilisation des collaborateurs autour des enjeux climat et environnement.
Environ 3 000 participants et 130 animateurs ont été impliqués dans l’initiative.
Un mécanisme est particulièrement intéressant dans le retour d’expérience d’Hortense : après avoir eux-mêmes participé à l’atelier, certains collaborateurs choisissent de se former pour devenir animateurs et contribuer à leur tour à la sensibilisation.
🧠 Pourquoi cet exemple est intéressant : Le collaborateur ne reste pas uniquement participant : certains choisissent ensuite de devenir animateurs. Le dispositif permet ainsi à des collaborateurs de prendre eux-mêmes part à la diffusion de la démarche.
Ce que l’expérience d’Arkema nous permet d’apprendre
Le retour d’expérience partagé par Hortense Blazsin fait ressortir plusieurs enseignements sur la mobilisation des collaborateurs dans une démarche climat et environnement :
La transformation est autant humaine que technique. Les solutions ne suffisent pas si les collaborateurs ne comprennent pas les changements et ne se les approprient pas.
Le terrain constitue une source de solutions. Les collaborateurs connaissent les réalités métier et les points de friction susceptibles d’être améliorés.
Écouter les freins est aussi important que susciter l’adhésion. Comprendre les craintes et les résistances fait partie de la démarche.
Les collaborateurs doivent disposer de moyens pour agir. Outils, formations et ressources permettent d’accompagner le changement.
L’engagement peut être observé et mesuré. Chez Arkema, l’enquête d’engagement et la participation aux formations et ateliers constituent notamment des indicateurs suivis.
La mobilisation peut créer ses propres relais. L’expérience de la Fresque du Climat montre que certains participants choisissent ensuite de devenir animateurs.
Vous souhaitez maintenant passer du retour d’expérience à l’action ?
L’expérience partagée par Arkema montre l’importance de la dimension humaine dans une démarche RSE : comprendre les enjeux, écouter les collaborateurs, leur donner les moyens de contribuer et suivre leur engagement.
Découvrez 3 étapes clés pour mettre votre démarche RSE en mouvement et favoriser la participation de vos collaborateurs.
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