Mis à jour le 21/01/2026 – Définir une raison d’être n’est plus un exercice réservé aux directions ou aux marques. Aujourd’hui, de plus en plus d’organisations souhaitent donner du sens, clarifier leur cap, fédérer leurs équipes… et le faire de manière crédible.
La meilleure approche ? Co-construire la raison d’être avec les collaborateurs.
Car une raison d’être imposée “d’en haut” est rarement comprise — et encore moins incarnée. À l’inverse, une raison d’être co-écrite devient un repère collectif : elle se transforme en manifeste, et sert de base pour mobiliser durablement.
À retenir 🔎
- Une raison d’être explique pourquoi l’entreprise existe, au-delà du profit.
- La co-construction est un levier d’engagement : les collaborateurs deviennent co-auteurs du cap.
- Le format le plus opérationnel est un manifeste structuré (vision + convictions + intentions).
- Le digital permet d’impliquer largement, de collecter des contributions et de les transformer en livrables.
- Trois formats fonctionnent très bien : questionnaire, événement participatif, atelier à distance.
- La réussite dépend surtout de : cadre clair + synthèse + transparence + passage à l’action.
Qu’est-ce qu’une raison d’être, concrètement ?
Une raison d’être est une formulation courte qui explique pourquoi l’entreprise existe et à quoi elle veut contribuer, au-delà de ses produits et de ses résultats économiques.
Elle sert de boussole :
- pour la stratégie,
- pour la culture interne,
- pour l’engagement des équipes,
- et pour la cohérence des décisions.
Elle peut être rapprochée de l’idée de “cap”, ou de “contribution” au monde (sociale, environnementale, territoriale, humaine).
👉 Une définition couramment admise explique que la raison d’être exprime “l’utilité de l’entreprise” et la manière dont elle entend agir au regard d’enjeux collectifs.
Pourquoi co-construire sa raison d’être avec les collaborateurs ?
Co-construire n’est pas une option “sympa”. C’est un facteur de réussite.
Une raison d’être écrite uniquement par un petit groupe (direction / comex / conseil externe) entraîne souvent :
- un texte trop conceptuel,
- une appropriation faible,
- une communication “corporate”,
- et peu d’impact réel sur le terrain.
À l’inverse, la co-construction permet :
✅ 1. D’aligner la direction et les équipes – Les collaborateurs aident à formuler la réalité vécue : valeurs, tensions, irritants, fiertés, motivations.
✅ 2. De créer une appropriation immédiate – Une raison d’être devient mobilisatrice quand les équipes peuvent dire : “On l’a construite ensemble — elle nous ressemble.”
✅ 3. D’ancrer un récit commun – La co-construction produit un matériau stratégique très précieux : verbatims, exemples, émotions, attentes.
✅ 4. De transformer la raison d’être en actions concrètes – Une raison d’être utile débouche sur :
- et des projets.
- des priorités,
- des engagements,
- des comportements attendus,
Pourquoi passer par un manifeste (et pas seulement une phrase) ?
Une raison d’être peut se limiter à une phrase. Mais dans les faits, une phrase seule :
- est souvent trop vague,
- trop marketing,
- trop interprétable.
Le format le plus efficace pour embarquer est le manifeste.
Définition : manifeste d’entreprise
Un manifeste est un document court (1 à 3 pages) qui explicite la raison d’être de manière vivante et structurée. Il permet d’articuler :
- ce que l’entreprise veut devenir,
- ce en quoi elle croit,
- ce qu’elle s’engage à faire.
👉 C’est un format idéal pour être partagé en interne, commenté, et utilisé dans le management.
Les 3 composantes d’un manifeste mobilisateur
Un manifeste fonctionne bien lorsqu’il suit un cadre simple :
1) La Vision
Ce que l’entreprise veut construire dans le futur.
C’est le cap collectif.
Exemple de formulation : “Nous voulons contribuer à…”
2) Les Convictions
Les principes et valeurs qui guident les décisions.
C’est l’ADN collectif.
Exemple : “Nous croyons que…”
3) Les Intentions (ou engagements)
Ce que l’entreprise s’engage à faire concrètement.
C’est la traduction opérationnelle. Exemple : “Nous nous engageons à…”
Comment co-construire sa raison d’être : méthode simple en 6 étapes
Voici un format de démarche qui fonctionne très bien en ETI et grands groupes (et qui se prête au digital) :
Étape 1 — Poser le cadre
Définir clairement :
- l’objectif (raison d’être / manifeste / plan d’action),
- le périmètre (groupe / BU / pays),
- la temporalité,
- les règles de participation.
👉 À ce stade, il faut aussi expliciter ce que la démarche n’est pas (pas une boîte à idées sans suite, pas un exercice com…).
Étape 2 — Collecter les contributions
Les collaborateurs répondent à des questions ciblées :
- “Qu’est-ce qui donne du sens à notre activité ?”
- “De quoi sommes-nous fiers ?”
- “Qu’est-ce qui doit changer ?”
- “Quel impact voulons-nous avoir ?”
Objectif : obtenir des éléments authentiques et exploitable (verbatims).
Étape 3 — Regrouper et structurer
On organise les contributions par thèmes :
- clients / bénéficiaires
- utilité sociale / environnementale
- culture / valeurs
- innovation / transformation
- territoire / métiers…
Étape 4 — Rédiger une version 1
En intégrant les mots du terrain (important pour l’appropriation).
C’est ici qu’on formalise :
- Vision
- Convictions
- Intentions
Étape 5 — Faire réagir et ajuster
Le manifeste est soumis à commentaires, vote ou amendements. Un bon indicateur :
“Les collaborateurs se reconnaissent-ils dedans ?”
Étape 6 — Traduire en décisions et actions
Le manifeste doit déboucher sur :
- un plan d’action (3–5 priorités),
- des projets concrets,
- des engagements mesurables,
- et une feuille de route.
Conclusion : une raison d’être utile est une raison d’être vécue
Co-construire sa raison d’être n’est pas une simple initiative RH ou communication. C’est un levier de transformation. Le manifeste est une excellente porte d’entrée : il permet d’aligner, d’engager et de poser un cap commun.
✅ Et surtout : lorsqu’il est co-écrit, il devient immédiatement plus crédible et plus mobilisateur.
Pour aller plus loin : Le kit méthodologique vous propose une approche flexible, que ce soit en présentiel ou à distance, pour définir ensemble la raison d’être de votre organisation.”
FAQ – Co-construction de la raison d’être
En général : 4 à 8 semaines pour une démarche structurée (collecte + synthèse + restitution), selon le périmètre.
Idéalement :
• un sponsor direction/COMEX
• RH / communication interne
• un groupe pilote
• un panel représentatif (sites, métiers, niveaux)
• Raison d’être : pourquoi on existe.
• Vision : où on veut aller.
• Mission : ce qu’on fait concrètement.
• Valeurs : ce qui guide nos comportements.
Pour un grand groupe, viser 5% à 15% de participation est déjà très significatif si les profils sont diversifiés.
En ajoutant des intentions concrètes, puis en définissant un plan d’action (3 à 5 priorités) avec des responsables et une feuille de route.
Pauline Thevenin-Lemoine – Product Owner – Beeshake
Pauline Thevenin-Lemoine se spécialise dans l’intelligence collective et l’innovation participative.
Chez Beeshake, elle accompagne de nombreux clients dans le déploiement de dispositifs collaboratifs, ce qui lui permet de bien comprendre leurs enjeux et problématiques sur ces sujets