Dans beaucoup de grandes organisations multisites, l’innovation n’est pas absente. Elle est dispersée.
- Des équipes trouvent des solutions locales.
- Des agents terrain ajustent les process.
- Des managers testent de nouvelles pratiques.
Mais faute de cadre commun, ces initiatives restent souvent :
- isolées sur un site
- perdues après un atelier ou un workshop
- impossibles à comparer, prioriser ou valoriser.
C’est exactement la situation à laquelle a été confrontée une grande organisation internationale de services : Worldline.
Pour découvrir le cas concret en intégralité 👇
Le point de départ : une valeur forte, mais difficile à incarner
Chez Worldline, l’innovation fait partie des valeurs affichées du groupe. Dans un contexte de transformation permanente des services de paiement, cette valeur n’est pas symbolique : elle est stratégique.
Des workshops internationaux ont déjà été organisés autour des valeurs de l’entreprise, notamment l’innovation.
Résultat immédiat :
👉 une explosion d’idées issues des équipes Customer Services, réparties dans plusieurs pays.
Très vite, un constat émerge.
|Ces idées sont une richesses… mais nous n’avons aucun moyen structuré de les capter, de les comparer, et d’en faire quelque chose de concret. ― Eric Bouvet, Head of New Services Development Center
Une problématique typique des organisations multisites
Avec 1300 collaborateurs Customer Services répartis dans le monde, les enjeux sont multiples.
Les freins identifiés :
- Des idées produites dans des langues différentes
- Des réalités locales, parfois très spécifiques
- Des niveaux de maturité variables selon les sites
- Aucun cadre commun pour évaluer la pertinence, mesurer les gains et décider collectivement
Le risque réel :
Sans dispositif structurant :
- Les idées se perdent
- L’engagement retombe
- L’innovation devient un discours, pas une pratique
Clarifier le besoin avant de chercher un outil
Avant toute solution, les équipes posent un cahier des charges précis, issu d’un benchmark approfondi. Ce qu’elles recherchent n’est pas « une plateforme à idées » au sens générique, mais un système d’innovation distribuée, capable de fonctionner à grande échelle.
Les critères clés exprimés :
- Personnalisation à la charte de l’entreprise
- Simplicité d’usage pour des profils très opérationnels
- Dispositif multilingue
- Workflow agile de modération adaptable
- Plusieurs niveaux d’évaluation des projets
- Modération déléguée localement
- Back-office structuré
- Capacité à devenir un outil de communication interne engageant
- Respect d’un budget réaliste
👉 Autrement dit : centraliser sans rigidifier, structurer sans déposséder les équipes locales.
De la contrainte à la méthode : structurer l’innovation distribuée
La solution retenue est déployée sous un nom fédérateur : « One Day One Idea ».
Mais l’essentiel, au-delà de l’outil choisi, c’est la méthode de déploiement.
Une mise en place volontairement rapide :
- Définition d’une charte graphique et d’un logo
- Rédaction d’un règlement pour les relais locaux
- Répartition claire des rôles par pays : comité de validation, comité d’experts, ambassadeurs de l’innovation
- Rédaction d’un manifeste commun
- Mise en place d’un système de reconnaissance (gamification)
👉 Objectif : donner un cadre clair, sans ralentir l’élan initial.
Une double dynamique pour éviter l’essoufflement
L’un des enseignements majeurs de ce projet est qu’une innovation continue ne se maintient pas avec un seul rythme.
1- Le fil rouge métier (tout au long de l’année)
Les collaborateurs proposent des idées liées à :
- la réduction des erreurs
- l’optimisation des process
- les gains de temps de traitement
Ces idées sont évaluées localement par les managers selon :
- leur pertinence
- leur mesurabilité
- leur potentiel de gains
2- Les temps forts collectifs (challenges)
Sur des périodes de 2 mois :
- des challenges thématiques sont lancés
- notamment autour de sujets transverses comme la RSE
- avec une dynamique collective renforcée
Centraliser sans écraser le local : un équilibre clé
Un point décisif du dispositif repose sur une idée simple : chaque site dispose de son propre espace.
Les managers locaux évaluent les idées proposées par leurs équipes. Toutes les idées sont ensuite centralisées avec la possibilité de les taguer par « pays » pour visualiser ce qui se passe sur les autres sites.
Ce modèle permet :
- une appropriation locale forte
- une comparaison globale possible
- une remontée consolidée au niveau groupe
Engagement et reconnaissance : le carburant du système
Pour maintenir la dynamique dans le temps, l’engagement est travaillé de manière explicite.
Leviers activés :
- Challenges entre pays
- Système de blasons selon l’engagement
- Récompenses basées sur : les gains financiers générés, la pertinence des idées
- Récompenses concrètes: voyages, équipements, etc.
Mais surtout :
👉 Une communication continue et l’implication régulière des managers locaux.
Résultats observés après un an
Le projet est toujours en évolution, mais les premiers résultats sont tangibles :
| Indicateur | Résultat |
| Idées proposées | 160 |
| Idées validées | 80 |
| Économies potentielles | 100 000 € / an |
Au-delà des chiffres :
- le projet est présenté à la fédération de l’innovation interne
- il est nommé aux Win Awards Worldline
- il devient un référent interne
Ce que les décideurs peuvent retenir de ce cas
- Les idées existent déjà dans l’organisation
- Le vrai déjà est de les rendre visibles, comparables et actionnables
- La centralisation ne doit jamais tuer le local
- Sans gouvernance claire, l’innovation s’essouffle
- Sans reconnaissance, l’engagement disparaît
Ce type de dispositif n’est pas réservé aux grands groupes. Il est surtout le résultat :
- d’une intention claire
- d’un cadre méthodique
- d’un pilotage dans la durée
👉 Vous souhaitez structurer et centraliser l’innovation dans votre organisation multisite ?
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FAQ – Centraliser l’innovation dans une organisation multisite
Parce que les contextes locaux, les priorités métiers et les cultures managériales diffèrent fortement d’un site à l’autre.
Non. L’efficacité vient d’un cadre commun combiné à une autonomie locale réelle.
En alternant innovation continue et temps forts, en impliquant les managers et en reconnaissant les contributions.
Le nombre d’idées ne suffit pas. Il faut aussi suivre :
• le taux de transformation,
• les gains mesurables,
• l’engagement dans le temps.
Ophélie André – Responsable Communication & Marketing – Beeshake
Passionnée par la communication digitale et le marketing, Ophélie a évolué dans des environnements variés qui lui ont permis d’affiner son expertise en stratégie de contenu, marketing digital et engagement collaboratif. Elle aime mettre son énergie et sa créativité au service de projets qui rassemblent, donnent du sens et valorisent la force du collectif.